Naturopathie Concept

Laurent FEGE, Educateur de Santé Naturopathe

LES ACIDES GRAS TRANS

C’est quoi un acide gras trans ?

Les acides gras saturés sont d’origine animale. On les trouve dans le beurre, le lait, la viande. Ces derniers sont connus pour augmenter le taux de « mauvais cholestérol » LDL et les médecins recommandent de ne pas en abuser.

En revanche les acides gras insaturés sont essentiellement d’origine végétale. Leur conformation leur confère un potentiel santé supérieur à celui des acides gras saturés et on conseille de les privilégier aux graisses saturées.

Jusque là, tout va bien. Mais c’est ici que notre quatrième larron fait son apparition : les acides gras trans. A la base, ces derniers ressemblent aux graisses insaturées. Mais ils ont subi une transformation qui modifie radicalement leurs propriétés.

L’origine des acides gras trans

Mais comment – à partir d’un inoffensif acide gras insaturé – obtient-on un acide gras trans ? En fait les acides gras trans ont deux origines distinctes :

  • Catégorie n°1 : les acides gras trans d’origine naturelle. Ces derniers sont issus d’une transformation bactérienne des acides gras insaturés dans le rumen des vaches. On les retrouve naturellement dans les produits laitiers. Ils représentent 60 % des acides gras trans consommés par les adultes en France.

Catégorie numéro 2 : les acides gras trans naturels d’origine industrielle. Ces derniers sont produits lors des processus de transformation des graisses utilisés dans l’industrie agro-alimentaire. Le principal procédé à l’origine des acides gras trans est l’hydrogénation partielle des huiles. Cette technologie permet aux industriels de solidifier les huiles végétales pour pouvoir plus facilement les utiliser dans la recette des biscuits, viennoiseries et autres produits. D’autres procédés industriels comme la désodorisation des huiles sont générateurs d’acides gras trans. Si l’hydrogénation génère principalement des acides gras trans mono-insaturés, le procédé de désodorisation quant à lui est principalement à l’origine d’acides gras trans polyinsaturés.

En France, les graisses trans d’origine industrielle représentent environ 40 % de la consommation en graisses trans d’un adulte. Mais ce chiffre peut être nettement plus élevé chez les enfants, gros amateurs de cookies, croissants, viennoiseries et autres en-cas sortis des poches au moment du goûter.

Reconnus dangereux pour la santé depuis 1990, les acides gras trans d'origine industrielle sont partout : margarines, pâtes à tarte, biscuits, céréales, viennoiseries, etc. Les professionnels du secteur agroalimentaire français annoncent avoir considérablement réduit la teneur en acides gras trans de leurs produits.

Alors, le danger est-il passé ?

Cholestérol, obésité, résistance à l’insuline et cancer (1)

Pourquoi les acides gras trans sont-ils dans le collimateur de nombreux chercheurs ? Parce que ces molécules mettent notre santé en danger. Un mauvais cholestérol qui grimpe, un bon cholestérol qui diminue, le risque cardiovasculaire qui monte en flèche, un développement de l’obésité abdominale et même une augmentation de la résistance à l’insuline et une augmentation du risque de cancer, la liste des méfaits de ces substances ne cesse de s’allonger.

Des découvertes scientifiques récentes qui n’ont pas eu le temps de parvenir aux oreilles des géants de l’industrie ? Pas du tout. Ces risques liés aux acides gras trans sont connus depuis les années 1990.

Les acides gras trans seraient donc aussi nocifs que les graisses saturées ?

En fait non. Ils sont pires.

Parce que là où les graisses saturées se contentent de faire augmenter notre taux de « mauvais » cholestérol LDL, les graisses trans vont en plus faire diminuer notre taux de « bon » cholestérol HDL. Résultat : le ratio cholestérol total / cholestérol HDL diminue et le risque cardiovasculaire augmente. Et il n’est pas nécessaire de consommer des quantités colossales de ces acides gras pour voir le risque augmenter : les experts estiment que dès 5 grammes d’AGT quotidiens le risque de souffrir de troubles cardiovasculaires augmente de

25 % !

Cerise sur le gâteau : les scientifiques soupçonnent les acides gras trans d’augmenter le risque de cancer. Les femmes dont les taux d’acides gras trans sont les plus élevés présenteraient un plus grand risque de cancer du sein, notamment après la ménopause. Les acides gras trans augmenteraient également le risque de souffrir d’un cancer du côlon ou de la prostate.

Et ce n’est là que la partie visible de l’iceberg : les études scientifiques démontrant la nocivité des graisses trans s’accumulent de jour en jour. A tel point qu’aux Etats-Unis, les chercheurs estiment que la suppression des acides gras trans des assiettes ferait baisser la mortalité cardiovasculaire de 10 à

20 %, soit 11 000 à 30 000 morts épargnés chaque année selon les estimations !

(1) D. Mozaffarian et al. New England Journal of Medecine du 13 avril 2006 ; R. Mensink et al. American Journal of Clinical Nutrition de mai 2003 ; W. Willett et al. Lancet du 6 mars 1993

V. Chajès et al. American Journal of Epidemiology du 9 avril 2008